ACCGN, aussi connue sous le nom de domaine acc.accgn.net, est une plateforme crypto frauduleuse inscrite sur la liste noire de l’AMF depuis le 22 septembre 2025. Plus de 125 victimes françaises ont déposé une plainte collective pour un préjudice estimé à 18 millions d’euros. Que vous en ayez entendu parler ou que vous en soyez victime, ce guide détaille le fonctionnement de l’escroquerie, les procédures en cours et les recours disponibles. Tout est détaillé plus bas.
Qu’est-ce qu’ACCGN et pourquoi est-ce une arnaque ?
ACCGN (acc.accgn.net) est une plateforme de trading crypto présentée comme un bot d’intelligence artificielle, inscrite sur la liste noire de l’AMF depuis le 22 septembre 2025 pour absence d’enregistrement PSAN. Elle a fonctionné comme un système Ponzi, collectant les fonds d’au moins 125 victimes françaises pour un préjudice total estimé à 18 millions d’euros.
La plateforme ACCGN se présentait comme un service de trading automatisé par intelligence artificielle, permettant de générer des gains quotidiens sur les marchés crypto sans aucune intervention de l’utilisateur. Elle était prétendument enregistrée en Californie et promettait des rendements journaliers fixes compris entre 1,35 % et 1,55 % du capital investi, soit près de 30 à 40 % par mois. Ces promesses constituent en elles-mêmes une impossibilité financière : aucun fonds d’investissement réglementé au monde ne produit de tels rendements de façon régulière et garantie.
ACCGN n’était pas enregistrée comme PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques) auprès de l’AMF, condition légale indispensable pour proposer des services sur crypto-actifs en France depuis la loi PACTE de 2019. L’absence de cet enregistrement est le premier indicateur d’illégalité, vérifiable en quelques secondes sur le registre officiel de l’AMF (amf-france.org).
Comment fonctionnait le schéma frauduleux d’ACCGN ?
L’arnaque ACCGN reposait sur un système Ponzi classique, dissimulé derrière une technologie apparente. Les gains affichés aux premiers investisseurs étaient financés par les dépôts des nouveaux entrants, et non par de véritables opérations de trading crypto. Aucun algorithme d’IA ne générait réellement ces rendements : le bot de trading était fictif, comme l’ont confirmé des analyses on-chain publiées après l’éclatement de l’affaire.
Le déroulement type de l’escroquerie ACCGN s’articulait en quatre phases :
- Attirer les victimes via des groupes Telegram fermés et des publications sur les réseaux sociaux, relayées par un réseau d' »ambassadeurs » rémunérés au parrainage, avec des captures d’écran de gains apparents pour crédibiliser la plateforme.
- Inciter à déposer des fonds en Bitcoin ou en Ethereum sur un portefeuille contrôlé par les escrocs, en mettant en avant un tableau de bord affichant des « gains » journaliers automatiques conformes aux promesses.
- Bloquer les retraits lorsque les victimes cherchaient à récupérer leurs fonds, en invoquant des procédures de vérification ou des problèmes techniques, puis en exigeant le paiement de 120 USDT en « frais de déblocage » supplémentaires.
- Faire disparaître les fonds vers des wallets anonymes puis vers des exchanges offshore, selon les analyses on-chain réalisées après les premiers signalements publiés par les avocats des victimes.
Des analyses blockchain réalisées après les signalements révèlent des flux suspects vers des plateformes d’échange offshore, typiques des schémas de fraude organisée à partir de l’étranger. La traçabilité des fonds est techniquement possible via des outils d’analyse forensique spécialisés, mais complexe sans expertise judiciaire.
Quels signaux d’alerte auraient dû alerter face à ACCGN ?
L’arnaque ACCGN présentait des caractéristiques communes à la majorité des escroqueries crypto à système Ponzi. Ces signaux d’alerte sont listés par l’AMF et l’Autorité bancaire européenne (ABE) comme des indicateurs systématiques de fraude dans leurs guides de protection des épargnants.
| Signal d’alerte | Mise en œuvre par ACCGN |
|---|---|
| Rendements garantis irréalistes | 1,35-1,55 % par jour soit ~30-40 % par mois, sans risque annoncé |
| Absence d’enregistrement réglementaire | Non-enregistrée PSAN auprès de l’AMF, ni déclarée dans aucun registre officiel |
| Système de parrainage (MLM) | Bonus pour recruter de nouveaux investisseurs, plafond de gains lié au nombre de filleuls |
| Opacité sur la technologie | Aucun audit du bot, aucune performance vérifiable, aucune équipe identifiable |
| Blocage des retraits | Comptes gelés, frais fictifs de 120 USDT exigés pour « débloquer » l’accès aux fonds |
| Diffusion via canaux fermés | Groupes Telegram privés, captures d’écran de gains non vérifiables |
Le critère de vérification le plus rapide reste la consultation du registre de l’AMF. Toute plateforme proposant des services sur crypto-actifs en France doit y être enregistrée sous le statut PSAN (ou PSCA depuis la mise en application du règlement MiCA en 2025). L’absence dans ce registre suffit à qualifier l’activité d’illégale sur le territoire français, indépendamment des promesses de la plateforme.
Qu’a fait l’AMF face à la plateforme ACCGN ?
L’Autorité des marchés financiers a réagi en plusieurs étapes face à la plateforme ACCGN. Le 22 septembre 2025, l’AMF a inscrit le domaine principal acc.accgn.net sur sa liste noire des plateformes non autorisées à proposer des services sur crypto-actifs en France. Cette inscription a été étendue à 22 déclinaisons de noms de domaine liées à ACCGN dans un communiqué publié le 10 octobre 2025, selon les données publiées sur amf-france.org.
La liste noire de l’AMF est un outil d’information préventive, non une procédure judiciaire. Elle signale aux épargnants les acteurs non conformes mais ne permet pas à elle seule de geler les avoirs ou de poursuivre pénalement les fraudeurs. C’est pourquoi l’AMF a transmis le dossier aux autorités judiciaires compétentes, en coordination avec le Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête pénale distincte.
L’AMF rappelle systématiquement dans ses communiqués les mêmes recommandations de base : ne jamais investir sur une plateforme absente du registre officiel des PSAN, se méfier de toute promesse de rendement garanti, et signaler immédiatement toute plateforme suspecte via le formulaire en ligne disponible sur son site.
Que faire si vous avez investi sur ACCGN ?
Si vous avez déposé des fonds sur ACCGN, la priorité est d’agir rapidement. Les délais de prescription et les possibilités de traçage des fonds se réduisent avec le temps. Les démarches suivantes sont recommandées par les avocats spécialisés et l’AMF.
- Cesser immédiatement tout versement supplémentaire vers ACCGN et ignorer toute sollicitation de la plateforme, y compris les demandes de « frais de déblocage » : ces paiements supplémentaires constituent une deuxième escroquerie et n’aboutissent jamais au remboursement des fonds.
- Rassembler l’ensemble des preuves disponibles : captures d’écran du tableau de bord ACCGN, historique des virements bancaires ou transferts crypto, échanges par message, contacts avec des « conseillers » ou ambassadeurs de la plateforme.
- Déposer plainte auprès du commissariat de police ou de la brigade de gendarmerie la plus proche, en mentionnant explicitement le nom ACCGN et le numéro de référence de la mise en garde AMF (liste noire du 22 septembre 2025).
- Signaler les faits sur la plateforme PHAROS (internet-signalement.gouv.fr), qui recense les contenus illicites en ligne, et sur le portail de signalement de l’AMF (amf-france.org), afin de contribuer à l’enquête collective.
Des recours collectifs sont en cours, coordonnés par plusieurs avocats spécialisés en cybercriminalité financière (dont Me Jérémy Asta-Vola du barreau de Lyon, cité dans la plainte déposée le 21 octobre 2025 auprès du PNF). Se joindre à un recours collectif permet de mutualiser les frais juridiques et de renforcer le dossier face aux autorités judiciaires. Le groupe Facebook « ACCGN Plainte groupée » (plus de 2 000 membres en juillet 2026) constitue un point de contact pour les victimes souhaitant se coordonner.
Comment vérifier qu’une plateforme crypto est légitime avant d’investir ?
L’affaire ACCGN illustre un schéma répétitif dans le secteur crypto. Les mêmes techniques sont utilisées par des dizaines de plateformes frauduleuses chaque année. Trois vérifications systématiques permettent d’éliminer la majorité des arnaques avant tout investissement.
| Critère | Plateforme légitime | Plateforme frauduleuse (type ACCGN) |
|---|---|---|
| Enregistrement AMF | PSAN ou PSCA visible sur amf-france.org | Absent ou non vérifiable |
| Rendements promis | Variables, non garantis, liés aux marchés | Fixes, garantis quotidiennement, irréalistes |
| Équipe et siège | Identifiables, adresse vérifiable, direction nominative | Opaque, adresse fictive, équipe anonyme |
| Retraits | Libres, traités sous 24-72 heures | Bloqués ou soumis à frais fictifs |
| Mécanisme de gain | Expliqué, auditable, aligné sur les marchés | Bot IA invérifiable, performances non auditées |
| Recrutement | Non requis pour accéder aux rendements | Parrainage obligatoire pour maximiser les gains |
Pour les investisseurs qui souhaitent s’exposer aux crypto-actifs via des plateformes régulées en France, notre guide sur l’achat de Monad (MON) illustre les vérifications à effectuer sur une plateforme d’échange agréée PSAN avant tout dépôt. Les obligations fiscales liées aux gains sur crypto-actifs, qui s’appliquent aux plateformes légitimes comme aux éventuelles récupérations judiciaires, sont détaillées dans notre article sur la flat tax crypto et ses stratégies légales d’optimisation.
- Vérifier le statut PSAN ou PSCA de la plateforme sur amf-france.org avant tout dépôt, en tapant son nom dans le registre de recherche : l’absence de résultat positif suffit à écarter la plateforme.
- Rejeter systématiquement toute promesse de rendement garanti et fixe sur des crypto-actifs : les marchés crypto sont volatils par nature et aucun acteur régulé ne peut garantir un rendement journalier fixe.
- Vérifier l’identité et l’adresse physique de la société opérant la plateforme via des registres officiels comme le SIRENE (en France) ou Companies House (au Royaume-Uni), et contrôler si l’adresse annoncée correspond bien à un siège réel.
Questions fréquentes : ACCGN arnaque
Oui. ACCGN est inscrite sur la liste noire de l’AMF depuis le 22 septembre 2025 pour absence d’enregistrement PSAN. Le Parquet national financier a ouvert une enquête pour escroquerie en bande organisée et blanchiment à la suite d’une plainte collective déposée le 21 octobre 2025 par 125 victimes françaises, pour un préjudice estimé à 18 millions d’euros en crypto-actifs.
La récupération des fonds est possible mais incertaine. Des avocats spécialisés en cybercriminalité mènent des analyses on-chain pour tracer les flux vers les exchanges offshore. Se joindre au recours collectif coordonné par les avocats des victimes (groupe Facebook « ACCGN Plainte groupée ») renforce les chances de récupération et mutualise les frais juridiques. Méfiez-vous des sociétés promettant de récupérer vos fonds contre des frais préalables : c’est souvent une deuxième arnaque.
Quatre canaux officiels existent : le commissariat ou la gendarmerie (plainte pénale pour escroquerie), le Parquet national financier via son site pnf.justice.fr, la plateforme PHAROS (internet-signalement.gouv.fr) pour signaler le site frauduleux, et le formulaire de signalement de l’AMF sur amf-france.org. Ces signalements sont gratuits et contribuent à l’enquête collective.
Le registre officiel des PSAN et PSCA est consultable gratuitement sur amf-france.org. Toute plateforme absente de ce registre n’est pas autorisée à proposer des services sur crypto-actifs en France. La liste noire de l’AMF, également disponible sur le même site, recense les plateformes explicitement signalées comme frauduleuses ou non conformes.
Un système Ponzi rémunère les premiers investisseurs avec les fonds apportés par les nouveaux entrants, et non avec des gains réels générés par des investissements. ACCGN fonctionnait selon ce schéma : les « rendements » affichés sur les tableaux de bord des victimes étaient financés par les dépôts des nouveaux membres recrutés via le système de parrainage, jusqu’à l’effondrement inévitable quand les entrées de fonds ne suffisaient plus à couvrir les retraits.
